Mise en page d’un roman : ce qu’il faut savoir
Vous avez passé des mois, voire des années, à construire votre univers et à peaufiner vos personnages. Lorsque vient le moment fatidique de l’envoyer à une maison d’édition, la tentation est grande de laisser le document tel quel, dans une police fantaisiste ou avec une mise en forme créative.
Eh bien, sachez que c’est une erreur. En édition, la mise en page d’un roman a un but précis : le confort de lecture. Un éditeur ou un comité de lecture reçoit des dizaines de textes chaque jour. Si le vôtre est aéré, clair et respecte les normes professionnelles, vous leur facilitez la tâche.
Attention : vérifiez toujours les consignes de l’éditeur !
Avant de finaliser votre roman, consultez systématiquement le site web de la maison d’édition visée. La plupart des éditeurs publient une page dédiée à la « soumission de manuscrits » ou à leurs « normes de présentation ». Certains exigent une police spécifique, des marges particulières ou une mise en page d’un roman anonymisée pour les comités de lecture. Ne pas respecter ces consignes spécifiques, c’est la certitude que votre manuscrit ne sera pas lu. Si rien n’est précisé, appliquez les standards détaillés ci-dessous.
Les fondamentaux de la mise en page d’un roman
Oubliez les polices originales et les jeux graphiques. Pour votre manuscrit, la sobriété est votre meilleure alliée.
Le choix de la police
Pour la mise en page d’un roman, privilégiez les polices à empattements (serif), comme Times New Roman ou Garamond. Elles sont conçues pour faciliter le suivi de l’œil sur le papier et sont la norme dans l’édition. Une taille de 12 points est idéale pour permettre des annotations en marge.
L’interligne et les marges
Ne cherchez pas à gagner de la place en serrant le texte. Un interligne 1,5 est indispensable. Pour les marges, laissez au moins 2,5 cm de chaque côté. Votre texte doit respirer.
Le traitement des alinéas et des dialogues
C’est ici que se joue souvent la lisibilité d’un roman.
🔹Les alinéas : utilisez la tabulation ou le retrait de première ligne (environ 1 cm). Évitez absolument d’utiliser la touche « Espace » à répétition pour simuler un retrait.
🔹Les dialogues : utilisez impérativement le tiret cadratin (—) et veillez à ce que chaque changement d’interlocuteur crée un nouveau paragraphe.
La pagination
Cela semble évident, mais c’est souvent oublié : numérotez vos pages. En haut ou en bas de page, peu importe, tant que le lecteur peut se repérer. Ajoutez également le titre du roman et votre nom dans l’en-tête, au cas où une page s’égarerait.
Pourquoi déléguer cette préparation ?
Vous pourriez me dire : « C’est du travail technique, je devrais pouvoir le faire moi-même. » Certes. Mais quand on a le « nez dans le guidon » après avoir écrit 300 pages, on ne voit plus les petites incohérences : une majuscule qui manque par-ci, une espace insécable oubliée par-là, une coupure de chapitre mal gérée…
Mon rôle de correctrice, en amont de la mise en page d’un roman, est de m’assurer que votre manuscrit est non seulement irréprochable sur le fond, mais également prêt à être intégré dans une chaîne éditoriale.
Un manuscrit propre est un gage de votre professionnalisme. Il montre à l’éditeur que vous maîtrisez votre art jusqu’au bout et que vous êtes conscient·e des contraintes du milieu.
Vous êtes arrivé·e au bout de votre manuscrit et vous vous demandez s’il est prêt à être envoyé ? Un œil extérieur est souvent le dernier rempart entre votre œuvre et sa publication. Parlons de votre projet sans tarder !