Peut-on corriger son propre roman efficacement ?

Peut-on corriger son propre roman efficacement ?

« Je suis plutôt bon/bonne en français, je vais corriger mon manuscrit moi-même. »

C’est une phrase que j’entends souvent de la part d’auteurs et d’autrices, mais c’est un piège redoutable !

En tant que correctrice professionnelle, la langue française est mon outil de travail au quotidien. Traquer les coquilles, traiter la typographie, éliminer les pléonasmes et redresser la syntaxe, c’est mon métier. Ainsi, quand j’ai terminé l’écriture de mon propre roman jeunesse fantasy, j’aurais pu m’en occuper moi-même.

Eh bien, pas du tout ! J’ai immédiatement confié mon manuscrit à une consœur.

Pourquoi ce choix ? Parce qu’en matière d’écriture, je sais pertinemment que l’objectivité absolue est un mythe, même pour une professionnelle. Laissez-moi vous expliquer pourquoi il est si difficile (voire impossible) de corriger son propre roman efficacement.

Le piège du cerveau : quand l’esprit lit ce qu’il sait, pas ce qui est écrit

Le principal ennemi de l’auteur ou de l’autrice qui veut corriger son propre roman, c’est l’effet « la tête dans le guidon ». Et personne n’y échappe !

Lorsque vous relisez votre propre texte, votre cerveau triche (en toute bienveillance, bien sûr). Comme vous connaissez l’histoire par cœur, que vous savez exactement ce que vous avez voulu dire et comment la phrase doit résonner, votre esprit anticipe la lecture.

➡️ Résultat : vos yeux survolent les mots. Votre cerveau corrige automatiquement à la volée une lettre manquante, un accord oublié ou un doublon. Vous lisez ce qui devrait être écrit et non ce qui l’est réellement sur le papier.

Le manque de recul sur le fond et la forme

Une correction de roman va bien au-delà de la simple traque aux fautes d’orthographe (même si c’est indispensable !). Elle englobe :

🔹La cohérence interne : un personnage qui change de couleur d’yeux au chapitre 4, une chronologie qui s’emmêle, une formulation contradictoire…

🔹La fluidité du style : repérer les tics de langage, les répétitions inconscientes ou les phrases trop alambiquées qui alourdissent le récit.

Quand on bûche depuis des semaines ou des mois (voire des années) sur un manuscrit, on n’a plus le recul nécessaire pour juger de la clarté d’une tournure de phrase. Ce qui est limpide pour vous peut être un vrai casse-tête pour votre lecteur ou lectrice.

L’œil extérieur : le meilleur allié de votre roman

Faire corriger mon propre roman par une autre professionnelle de la correction a été plus que bénéfique. Même avec mon bagage technique, elle a débusqué des coquilles invisibles à mes yeux et m’a proposé des reformulations pertinentes que je n’aurais jamais trouvées seule, faute de recul.

Faire appel à un regard externe et neutre pour corriger son propre roman, ce n’est pas douter de ses capacités. C’est simplement accepter les limites de notre cerveau et vouloir le meilleur pour son livre.

Mon conseil de pro (et d’autrice amateure !)

Si vous souhaitez offrir toutes ses chances à votre manuscrit (que ce soit pour l’autoédition ou pour l’envoyer à des maisons d’édition), vouloir corriger son propre roman de A à Z reste une fausse bonne idée. Ne faites pas l’impasse sur une relecture professionnelle.

Vous pouvez, bien sûr, effectuer un premier nettoyage de votre côté pour dégrossir le travail, mais la touche finale doit être apportée par un œil neuf, aguerri et impartial.

Et vous, avez-vous déjà essayé de corriger un texte long ? Avez-vous remarqué à quel point vos propres fautes deviennent invisibles et qu’il est vraiment compliqué de corriger son propre roman ? Dites-le-moi en commentaire !

Vous avez un manuscrit qui attend son œil de lynx ? Discutons de votre projet de correction en toute bienveillance, contactez-moi !

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